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Le temps pour toiT, où l'habitat solidaire

Par Laurent BEAUVALLET
Ouest France
On les appelle « les duos ». Une personne loue gracieusement une partie de son logement à un locataire qui lui rend de menus services en échange.
Le temps pour toiT, où l'habitat solidaire

Laure Baudat, une étudiante originaire de Nice, étudie à l'Institut national d'horticulture (à gauche) et Nicole Rochier, l'une des deux fondatrices de l'association Le temps pour toiT.

La canicule 2003, et son terrible cortège de personnes seules décédées dans l'oubli, a suscité un véritable sursaut. Parmi toutes les initiatives prises après ce drame collectif, est née, à Nantes, l'association « Le temps pour toiT ». À sa tête, deux femmes, Nicole Rochier et Hélène Launay : « Nous voulions intégrer l'économie sociale et solidaire, en utilisant nos compétences acquises dans de grandes structures ». Le projet mûrit, patiemment, autour d'un échange solidaire entre « l'un qui donne du temps et l'autre qui offre son toit »

Concrètement, un propriétaire - généralement un senior - offre gratuitement un logement (hors charge) à un locataire - qui est très souvent un jeune qui entre dans la vie active ou un étudiant. Ce dernier s'engage à être présent le soir, la nuit ou le week-end, à faire la lecture, des petits bricolages d'entretien, accompagner son propriétaire chez le médecin, l'initier à l'informatique, etc. Tout est « à la carte », en fonction des souhaits des deux parties.

« Yvette m'a montré comment tailler ses rosiers »

Et tout est couché noir sur blanc sur un contrat de dix pages, agrémenté d'une liste copieuse de documents à fournir, histoire de vaincre les dernières réticences, qu'elles émanent du propriétaire ou du locataire. Une ou plusieurs rencontres sont mêmes organisées entre les deux parties, pour éviter toute incompatibilité d'humeur. Si la location ne coûte rien - en dehors des charges - la prestation fournie par l'association coûte 200 € (+ 25 € par mois de présence), plus 50 € (adhésion, frais de constitution de dossier).

« Nous avons mis en place les premiers duos dans l'agglomération nantaise en septembre 2005. Nous en comptabilisons aujourd'hui 75 », note Nicole Rochier. Pour la première fois, l'association s'étend à une autre agglomération, en s'appuyant sur la structure Mix âges, portée par le service animation et vie sociale du CCAS d'Angers. Les premiers duos angevins viennent d'être constitués. Yvette, une septuagénaire angevine souhaitait « une présence, une compagnie et de l'aide au quotidien ». Laure, une étudiante niçoise de 21 ans, voulait quitter sa cité universitaire trop bruyante. « Et la solitude, nous aussi, on connaît ». Les deux sont vite tombées d'accord : « Toutes mes craintes ont été balayées à la première rencontre. Ça me fait plaisir d'aider quelqu'un. Et on a beaucoup à apprendre des personnes âgées. Yvette m'a déjà montré comment tailler ses rosiers ! ».

Laure insiste sur « le sens de l'échange », ce que confirme Nicole Rochier, forte de l'expérience nantaise : « Au moment des examens, certains seniors préparent la soupe pour les étudiants ».

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